Email Address

Calendrier

« Mai 2012
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031 

Desperate Girls

Desperate Girls IS THAT GIRL HAVE GENITALS?!! REALLY?!!

Blog

Catégories

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

DG

Par Desperate Girls :: 25/07/2011 à 20:31 :: Général

Xmas ...

Par Desperate Girls :: 14/12/2010 à 21:55 :: Général

Xmas is coming!

Par Desperate Girls :: 06/12/2010 à 15:25 :: Général

STILL G.A.B.R.I.E.L.A.

Par Desperate Girls :: 18/09/2010 à 16:15 :: Général

THE BITCH IS BACK

Par Desperate Girls :: 30/08/2010 à 4:24 :: Général

" target="

...

Par Desperate Girls :: 20/07/2010 à 4:59 :: Général

...

Par Desperate Girls :: 14/07/2010 à 3:49 :: Général

LA ISLA DE LA PASION / MADAME CORDELISE

Par Desperate Girls :: 05/07/2010 à 15:29 :: Général

Suite à de graves problèmes techniques, je ne suis malheureusement pas en mesure de vous proposer le dernier épisode de la Isla de la Pasion. Aussi, à la place, et pour vous faire patienter jusqu’à ce que les choses rentrent dans l’ordre, je vous propose ce court récit.

For my non french readers: because of considerable technical problems, I can’t post the last episode of la Isla de la Pasion. So, instead I’ve posted a text. It is written in French. Yeah. That sucks.

 

Madame Cordélise

 

       

 

Si pour le commun des mortels faire des courses s’assimile à ce marathon généralement pratiqué en fin de semaine dans les allées d’un supermarché aux commandes d’un caddie (marque déposée), chez d’autres ce terme sert à désigner une toute autre activité hautement plus cruelle.  

On lui préféra dans ce cas l’expression « faire des commissions », car ce n’est pas de courses à proprement parler dont il s’agit, mais de commissions, c'est-à-dire de messages, dont le sujet, généralement imberbe, se fera un devoir de porter rapidement à son destinataire, au risque de voir le cas échéant son postérieur sévèrement échaudé.

Tout commence en général par une parole, anodine, ou plutôt un nom, dont l’Alizé se fait le céleste messager :

« Emmanueleuh »

« Emmanuel !! »

« EMMANUEL !!! »

« VERMINE !!!!!!!!! »

« Oui Mamie ! J’arrive. »

L’intéressé secoue la poussière de ses vêtements ; peut – être était – il encore en train de s’adonner à une partie de jeux vidéos avec ses compagnons d’infortune comme cela lui est pourtant interdit ; reste qu’il se dresse maintenant devant son aïeule, et tente sans grand succès de lui expliquer les raisons de son retard :

« Quand tu m’as appelé tatie me parlait après ça tonton est venu et il s’est mis aussi à parler, après ça….

Mais l’Aînée n’est pas dupe :

« Monsieur, vous  vous moquez de qui, dites –moi ?

Et l’institutrice retraitée de pointer ses yeux perçants - ô globes  terrifiants, spectateurs involontaires de nombreuses tragédies, de la Guerre d’Indochine au fiasco de l’Equipe de France ! - devant le contrevenant. 

L’Etre n’est plus ; et c’est à peine si sa mince carcasse transparait du sol dont il a pris maintenant la couleur et l’aspect insignifiant.

Cependant une simple parole de l’inquisitrice suffit à le ranimer:

« Monsieur vous irez me chercher à l’épicerie une livre de viande salée, une bouteille d’huile et quelques branches de persil…

Et gardez vous de traînailler en route avec des êtres de votre engeance ; il en va de la préparation du déjeuner... et du salut de votre arrière – train ».

L’Homme promet ; jure ; il s’étonne même qu’on le confonde avec ces vagabonds, bandits des grands chemins, qui n’ont d’autres occupations que de s’abrutir  devant une console de jeux alors que la littérature française regorge de tant de chefs d’œuvres qui mériteraient d’être lus ! D’ailleurs pas plus tard qu’hier, alors qu’il était plongé dans la lecture d’une fable de la Fontaine – La Cigale et la Grenouille - n’a – t’il pas surpris Joseph, le fils de…

« Monsieur, nous n’aimons pas les délateurs ici –bas ! »

L’Etre est touché ; il vacille ; voilà maintenant qu’une marée rougeâtre s’abat sur ses yeux.

Il renifle.

Mais soudain :

« Comment Monsieur ?! Vous n’êtes toujours pas parti ?!! »

Ses yeux se rallument ; il s’excuse ; sourit ; le voilà parti.

L’Epicerie en question n’est pas loin. A deux pas. C’est tout juste si les premières gouttes de sueur commencent à assaillir ton front que l’on en aperçoit l’imposante devanture :

 

                                   Libre – Service Samson et Fils,

       Ouvert tous les jours,

              Même le Jour du Seigneur 

 

Et son panonceau :

        Crédit c’était un chien…

                                             et il est MORT

 

Et pourtant…

C’est Joseph, ton meilleur ami – le même que tu viens de jeter en pâture à ta grand – mère sans l’once d’un remord (ô traitre !!!)- qui explique le mieux le principal danger de cette, en apparence, paisible odyssée :

« Les gâteaux de Cordélise c’est péché.

Or tu es un pêcheur »

Car oui, les lieux sont hantés par une magicienne, Madame Cordélise, Circée à la voix envoûtante et aux mains enchanteresses qui transforment la moindre trace de farine et de sucre en généreux dômes sirupeux « dont aucun mortel depuis Adam et Eve n’a jusqu’à présent réussi à résister », dixit Joseph.

C’est dire si l’endroit est dangereux…

« Surtout pour un petit couillon comme toi… »

Et ton ami, pourtant d’habitude si peu bavard, de poursuivre :

« Déjà quand tu commences à sentir une odeur de pâtés goyave, tu dis WOYE !

PROBLEME !

Tu sers alors de toutes tes forces ta croix de première communion bénie sept fois dans sept églises différentes et par sept prêtres différents, et tu murmures :

Seigneur Notre Dieu Tout Puissant, Papa de mon papa et du père de mon père…VENEZ A MON SECOURS. »

« Après ça, tu récites deux Je vous salue Marie pleine de Grâces et un Notre Père qui est aux Cieux – en latin s’il te plaît !

Mais tu n’as même pas encore fini ta prière que tu vois…Madame Cordélise marchant l’air de rien avec son panier de douceurs sous le bras !!!

Du style «Je me promène dans la rue de la personne un gros dimanche matin avec un panier de gâteaux à vendre mais c’est normal »

L’isalop – pardon manman ! – sait que tu vas faire des commissions pour ta maman dans la boutique et que si tu ne reviens pas avec, elle va te taper, mais elle fait genre elle sait pas ça.

Toi – même à ce moment –là tu deviens couillon couillon couillon. Tu ne sais plus comment tu t’appelles ; qui est ta famille ; et encore moins ce que tu fais là au milieu du chemin de la personne.

Mais tu es déjà arrivé près de Madame Cordélise. Tu es déjà en train de lui demander comment ça va bien la petite famille, et les rhumatismes ? lepaniernestpastroplourdjepeuxtaideràleportersituveux.

L’isalop – pardon manman ! – ne prend même pas ta hauteur. C’est à peine si elle ne t’arrache pas la jambe quand elle dépose son panier à tes pieds.

« Tiens, je ne savais même pas que j’avais fait un gâteau marbré…

Je vais mettre les pâtés au coco au milieu comme ça ils ne vont pas écraser le gâteau fouetté et le mont blanc…

Où – est ce que j’ai mis le gâteau à l’ananas ?!! »

Et d’arranger sans te voir son papier rempli de douceurs alors que tu es là, les yeux ronds et la bouche ouverte, planté devant la personne comme un grand couillon.

Et c’est à ce moment – là qu’elle décide de partir, l’air de rien:

« Il est déjà Midi ?! J’ai même pas vu l’ heure passer… Il faut que je parte tout de suite sinon je vais rater Rosalinda (ndlr : télénovela) »

Tu prends peur sur le coup. Flap. Tu te dis qu’est ce je fais, qu’est ce je fais hein ?

Alors tu fouilles dans la poche de ton short en espérant qu’une pièce ne s’y serait pas perdue, ma foi on ne sait jamais…

Tu grattes, tu grattes, tu graaaattes… tes ongles sont devenues des griffes…

Quand soudain…

Il est là.

Froissé.

Apeuré.

Terré dans un repli de ton short tout petit petit.

Tes griffes redeviennent ongles là – même ! Ta main ? Caresse ! Ta voix ? Miel ! Sirop ! Sirop de sucre de miel…dans son sirop!

« Me ferez vous l’Honneurr de Votre Prrésence, le temps est si doux et le ciel si rrradieux ».

Devant tant de Douceur, d’Amour et d’Affection, le billet qu’on t’a donné pour aller faire les commissions ne peut que venir faire malélevé avec ta main.

Tu dois même parfois le calmer :

« Doucement, doucement….pas trop vite tout de mêmeuuh ! »

A ce moment – là l’isalop sourit : elle sait qu’elle t’a vaincu. »

 

Te voilà de retour de ton épopée, jeune Ulysse. A voir tes frêles bras qui caressent le vent, l’on devine que tu t’es laissé charmé par le chant mélodieux de Madame Cordélise.

L’on pressent le drame, et déjà ta grand – mère s’avance vers toi l’air mauvais et le bras levé, prête à éduquer ton jeune fessier.

Mais d’un geste solennel tu l’arrêtes, bombes le torse et déclames un vers de Shakespeare :

                        « Chère Dame du Bon Dieu

                        Etes – vous donc si ardente ? Allez – y par Marie !

                        Et c’est tout ça votre cataplasme pour mes pauvres os malades ?

                        Une autre fois faites vos commissions vous – même »

La vieille institutrice en reste pantois.

Car s’il est vrai que les gâteaux de Madame Cordélise ont le don de faire perdre la tête aux petits couillons comme toi, ils tout sont aussi célèbres pour faire perdre leur latin aux grands grecs comme ta grand – mère.

SPECIAL ANNOUNCEMENT

Par Desperate Girls :: 30/06/2010 à 4:09 :: Général

...

Par Desperate Girls :: 09/06/2010 à 3:25 :: Général

LA ISLA DE LA PASION: SEASON 2 EPISODE 01

Par Desperate Girls :: 01/06/2010 à 17:12 :: LA ISLA DE LA PASION SEASON 2

LA ISLA DE LA PASION: DERNIER EPISODE DE LA SAISON 1

Par Desperate Girls :: 01/06/2010 à 17:08 :: LA ISLA DE LA PASION SEASON 1

LA ISLA DE LA PASION: NEW SEASON STARTS TOMORROW

Par Desperate Girls :: 31/05/2010 à 13:51 :: Général

LA ISLA DE LA PASION: NEW SEASON

Par Desperate Girls :: 28/05/2010 à 3:44 :: Général

...

Par Desperate Girls :: 23/05/2010 à 21:51 :: Général

Constance (Première Partie)

Par Desperate Girls :: 14/05/2010 à 4:38 :: Général

Constance (Première Partie)

 

 

Nous avons tous une amie Constance. Mais si, vous savez, cette jeune femme qui depuis plusieurs mois colonise notre page Facebook et dont les effets positifs de sa présence sur notre moral se font toujours attendre.

Car oui, si lorsque vous aviez décidé il y a deux mois de cela d’ajouter ladite Constance comme amie sur votre page Facebook, vous étiez à mille lieux d’imaginer que ce simple click allait vous propulser vers une autre galaxie, loin, très loin, très très loin de notre système solaire et de ses règles immuables.

Alors Mesdames et Messieurs, joignons nos mains et prononçons ensemble la formule magique qui permet de franchir la porte des Etoiles et d’accéder ainsi à l’univers de  Constance:

ALPHA !

BETA !

GAMMA !

Tchouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuffffffffffffffffffffffff ! (bruit de vaisseau intergalactique cf Stargate).

Avant d’amorcer une descente sur la planète Constance, permettez juste que je fasse une brève annonce.  

Alors non je ne vous parlerais pas de la température ambiante, ni de celle de la mer et encore moins de la qualité de l’air.

De même que je ne vous souhaiterais pas de passer un agréable séjour, ni vous remercierais- je d’avoir choisi notre compagnie, ni même formulerais- je le souhait de vous revoir très prochainement sous nos lignes.

Non.

Je vous rappellerais simplement que nous sommes toujours en 2010, que Nicolas Sarkozy est toujours le Président de la République française et que… et que vous êtes toujours dans la merde.

Bon c’est vrai que dit comme ça la première pensée qui te vient à l’esprit est de te taillader les veines ; mais soit gentil veux – tu, ne rajoute pas du travail à Conchita. D’autant plus que ce n’est pas ton Désespoir qui est à l’honneur aujourd’hui, mais une toute autre personne tout aussi désespérante : la dénommée Constance.

« Bourreau, que l’on m’apporte la potence ! »

Constance. Un prénom, neuf lettres et déjà deux mains qui se lèvent. Il semble que ce prénom soit familier chez les plus cancres d’entre vous. Oui jeune homme….un avis… un témoignage… un aveu ? Parle sans crainte mon jeune ami, nous t’écoutons.

 « C’était une de mes potes au collège et au lycée. »

Je crois comprendre que vous étiez familiers jadis lorsque tu ânonnais sans trop comprendre les rudiments de la géométrie (qui te sont d’ailleurs d’une grande utilité dans ta vie quotidienne  ^^).

Mais non tu te trompes mon cher ami. Je ne parle pas de la Constance de tes jeunes années, celle qui ornait tes bulletins scolaires sous les traits d’une phrase alambiquée (Histoire Géo : 5/20 - Remarque : Votre travail manque de constance) et au nom de laquelle tes parents ont si souvent mis ton postérieur à rude épreuve.

Je te parle de l’autre Constance, la gente damoiselle de la toile, ou comme tu dis dans ton idiome d’jeuns, la meuf du net.

Air béat, léger tressaillement de la paupière droite, bouche ouverte : tout m’indique que tu sembles avoir compris de qui il s’agissait.

Bien. Délimitons maintenant le sujet de la présente étude:

On ne s’embarrassera pas ici à sortir la biographie complète de Constance, de sa première dent de lait à sa dernière visite chez le gynécologue, en passant par sa marque de papier toilette préférée.

On se bornera simplement à s’intéresser à trois détails, ou plutôt à trois piliers fondamentaux qui font que sans eux…et bien Constance ne serait pas Constance (shocking !).

Voyons aujourd’hui le premier pilier, et non le moindre : la photo.

1)     La photo

Si le commun des mortels laisse le choix de sa photo de profil aux bons soins d’un photographe amateur de téquila dont le résultat sera moyennement satisfaisant – pour peu qu’il ne soit pas bourré lors de la prise de ladite photo – Constance, elle ne laisse pas la charge de sa photo à des tocards comme toi. Non. Elle, elle est trop consciente de l’impact des images, et du rôle social évident de Facebook pour courir un tel risque, qui, il va sans dire, ruinerait à jamais virtuellement sa vie.

Elle préfère donc compter sur ses propres forces, et de temps à autre s’adjoindre les services d’un professionnel en la matière, un dénommé Photoshop.

« Cheeeeeeeeeeeese !!!»

Non ce ne sont pas les Noces de Cana et non Photoshop n’est pas Dieu et pourtant ce logiciel vient d’accomplir un miracle : il vient de donner à Constance un généreux bonnet D alors que dans la réalité elle n’exhibe qu’un plantureux bonnet…A.

C’est nouveau, c’est jeune, c’est frais, ça vient des States ... et c’est pour toi !

Mais que serait cette généreuse poitrine si elle ne pouvait pas être mise en valeur par un joli minois et ses incontournables gimmicks ?

Et là, accroche – toi bien mon coco, car Constance dispose d’un éventail impressionnant de moues qui vont de la plus prude… à la plus olé olé, de la plus sérieuse à la plus…bestiaaa-leeee (grrrrrrrr !!!) dans le seul but de « t’imager » l’humeur du jour.

Soit (pour les plus célèbres) :

- tête inclinée + regard en l’air + sourcils froncés: Somebody has walked on the moon, are you sure ?

- tête inclinée + joues rentrées + bouche en cul de poule : ¡Consuelo ! ¡Consuelo ! !Quiero mucho !

Ou encore ma préférée :

-tête inclinée + joues rentrées + bouche en cul de poule + regard en coin = I’m so scared / somebody’s watching me.

Mais tu vois toute cette notoriété, ces flashs et ces shootings interminables dans les cabines d’essayages de Jennyfer commencent à lasser Constance. Ouais.

Parce que quoiqu’on dise Constance c’est une meuf simple, une meuf patin-couffin tagada-tsouin-tsouin qui depuis son petit village de Berry - sous - Puits a du mal à vivre cette soudaine notoriété :

« Paris, New York, London…I’m tired of this endroit of the worldeeeeuh»

(Car oui tu t’en es douté, Constance n’a jamais été dans tous ses villes, et à vrai dire le trajet le plus long qu’elle ait parcouru jusqu’à présent est celui qui sépare sa maison de la boulangerie – je ne pousserai pas le vice à compter le nombre de mètres).

Elle parle maintenant de passer le flambeau ou plutôt la boîte d’allumettes pour allumer le flambeau à la nouvelle génération.

Un cri et un auriculaire pointé dans ta direction ?

Bingo!

Tu es l’Elu.

Mais ne t’attends pas à régner en Maitre sur le profil Facebook de Constance comme Buffy sur Sunnydale : seuls quelques maigres pixels te seront gracieusement offerts, et ça mon gars, crois – moi, c’est déjà beaucoup.

Car vois – tu mon petit bonhomme ce n’est pas tout le monde qui a la chance d’apercevoir le bout de sa main sur la photo de profil de Constance.

Privilégié, va !

 

COMING SOON... LA ISLA DE LA PASION SEASON 2

Par Desperate Girls :: 07/05/2010 à 3:12 :: Général
"

WTF ???!!!

Par Desperate Girls :: 04/05/2010 à 23:25 :: Général

L'HEURE DU GOUTER

Par Desperate Girls :: 30/04/2010 à 2:19 :: Général

 

 

L’heure du Goûter

 

L’Etranger est nerveux : c’est le premier jour d’école de son enfant dans un établissement scolaire français et il ne peut s’empêcher de s’inquiéter, et ce, malgré les paroles rassurantes de ses compatriotes déjà installés de l’autre côté de la Manche :

« John, John ! I’m so afraid ! »

- « Don’t worry. Everything’s gonna be alright »

Car à la peur naturelle de l’inconnue causée par cette première journée dans l’Education Nationale Française (et dont son enfant sortira quelques années plus tard avec une solide expérience de l’école buissonnière), vient s’ajouter une autre peur, particulière, et bien plus terrifiante : celle de l’Heure du Goûter.

Le Français ne comprend pas : Comment, l’Heure du Goûter ? Interloqué il semble chercher l’ébauche d’un jeu de mots dans mes propos. Voilà qu’il tort mes paroles, les presse, les oppresse, les organise, les désorganise, sifflote, jure, parjure…

Las, il m’accuse maintenant de lui faire une mauvaise farce.

L’Heure du Goûter !!!

Pff !!!

Mais mes propos sont des plus sérieux lorsque l’on sait que Monsieur Smith –nous appellerons l’Etranger Monsieur Smith en hommage au protagoniste de mon premier contrôle d’anglais, examen pour lequel j’avais été gratifiée d’un zéro qui accompagne depuis le Néant de mon Existence- est comme ses congénères, étranger à la France.

C’est donc gavé d’émissions en tout genre vantant le raffinement à la française que Monsieur Smith a construit son rêve français, puis décidé au début du mois de quitter amis, fratrie et patrie afin de vivre – comment dit –on déjà ? - à la française.

Or si le climat et la qualité de vie ont fortement joué dans sa décision, un autre élément  a suffi à lui seul à déterminer son choix, et à effacer les derniers doutes qui subsistaient encore (dussent –ils encore exister ?): la gastronomie française.

L’unique.

The One.

Je ne parle pas des ratages culinaires que certains gratifient pompeusement entre deux gorgées de vinasse et la bouche encore encombrée de pain de « gaftronomie franchaize » (bien qu’un tel terme soit plus approprié), mais de la vraie gastronomie française, celle au sens noble du terme telle que pratiquée dans les cuisines de Louis XIV, mêlant luxe, calme, et volupté.

Monsieur Smith est songeur.

Voilà que lui reviennent en tête des images d’Epinal : un hôtel particulier dans le centre de Paris ; une famille française attablée à l’heure du déjeuner ; le père, en costume trois pièces griffé, demandant le menu, entre deux gorgées de vin rouge – « d’un petit producteur bordelais, très fruité, excellent »; la mère longiligne et élégante, annonçant de sa voix agréable les multiples plats composant le déjeuner ; et surtout la phrase assassine du petit dernier, Camille, marinière et chaussures toute crottées, blond comme un angelot : « Maman pourquoi les Anglais mangent mal ? Pourquoi ils ne sont pas comme nous ? »

Oh !!!!

La phrase de Camille–aux–vêtements-tout-crottées-et-à-la-langue-bien-pendue résonne encore dans la tête de Mister Smith, et ce n’est que très distraitement qu’il souhaite une bonne journée à son enfant.

Troublé, il ne le voit même pas s’en aller d’un pas lourd en direction de ses futurs camarades de classe.

Lorsqu’il s’en aperçoit il est déjà trop tard : son fils n’est plus qu’un anonyme parmi les milliers d’écoliers.  Un numéro de plus dans les fichiers de l’Education Nationale... Et de la Police ?

C’est donc les mains enfarinées, une toque sur la tête, que Mister Smith imagine chaque ménagère française en digne héritière de la tradition culinaire gauloise.

L’on comprend mieux à présent sa phobie de l’Heure du Goûter, heure maudite durant laquelle, selon lui, chaque petit français sortira d’un mouchoir immaculé une douceur sucrée saupoudrée d’amour maternel, tandis que son propre fils se contentera d’une pâtisserie industrielle huileuse dont la moitié restera prisonnière dans son emballage en plastique non recyclé.

Poor Mister Smith !

What a shitty day !

Mais ce que Monsieur Smith apprendra plus tard, beaucoup beaucoup plus tard, c’est que si la femme française est la digne héritière de Maïté et autre figure de la Cuisine française, elle n’en demeure pas moins une femme.

Aussi, fatiguée de préparer durant de longues heures un repas à une bande d’ingrats qui anéantira en une seule bouchée tous ses efforts avant de la gratifier d’un nonchalant « ouaischèbon », elle cèdera, elle aussi, à la solution de facilité.

Un rapide détour au rayon plats cuisinés du supermarché du coin changera à jamais son quotidien et c’est d’un coup de pied expert, en digne héritière du football français, qu’elle casera dans le cartable de son fils, entre deux pensums tachés de sa signature grossièrement falsifiée, le goûter (industriel) de ce dernier.

Alors que Monsieur Smith se rassure : la femme française est anglaise.

 

...

Par Desperate Girls :: 25/04/2010 à 0:07 :: Général

Copyright © Gabriela Sanders deserves a Man - Blog créé avec ZeBlog